En réponse à l'article du Midi-mibre du 24 mai
http://www.midilibre.fr/2011/05/24/le-petrolier-attaque-l-arrete-anti-gaz-de-schiste,324090.php

La société américaine Schuepbach Energy a assigné la mairie de Bonnevaux au tribunal administratif de Nîmes. La compagnie pétrolière qui exploite le permis de Villeneuve-de-Berg demande l’annulation de l’arrêté municipal de mars dernier interdisant sur le territoire communal la prospection des gaz de schiste par fracturation hydraulique.

C’est un gag ?

La commune de Bonnevaux (Gard) se trouve entièrement sur les orthogneiss hercyniens dits « de la Cézarenque » qui sont d’ancien granites métamophisés et on peut y hydrofracturer tant qu’on voudra il n’y aucune chance d’y trouver un poil de gaz ou autre hydrocarbure. De plus, elle se situe en zone optimale d’adhésion du Parc National des Cévennes et dans la réserve de biosphère gérée par le même parc et les autorisations de travaux miniers doivent y passer par le directeur dudit Parc, ce qui est loin d’être acquis (il y a eu une prise de position très nette publiée dès le début par le PNC). Enfin, elle n’est qu’écornée dans sa partie orientale par le permis de Villeneuve de Berg qui ne l’atteint qu’à cause du découpage par parallèles et méridiens circonscrits.

En clair, la demande de Schuepbach Energy n’a pas le moindre début de justification géologique ni d’enjeu économique direct. S’agissant d’une des plus petites communes concernées (environ 100 habitants) et l’une des deux seules du département du Gard (l’autre est Malon et Elze : environ 80 habitants !) où ils imaginent sans doute que la solidarité sera moins active qu’en Ardèche, il s’agit évidemment d’un test ou la compagnie n’a rien à perdre.

Le seul intérêt de l’affaire ne peut être que la jurisprudence : si le tribunal administratif casse un arrêté en fait sans objet, c’est une décision qui risque de pouvoir être transposable dans des zones plus réellement menacées.

Michel Wienin (géologue)
--

Retour à l'accueil