Publié le 28/08/2007 08:19 - Modifié le 05/10/2007 à 17:01 | Jean-Marie Decorse

Grand Sud. Sous nos pieds de l'or noir

Énergie. Le pétrole et le gaz cachés dans le sous-sol de Midi-Pyrénées et d'Aquitaine intéressent vivement les compagnies. Jeudi, une plate-forme off-shore est arrivée au large d'Arcachon.

Vous retrouverez l'infographie Les gisements dans la région en téléchargement sur l'édition de la Dépêche du Midi du jour au format éléctronique (PDF) en savoir plus

La course est plus que jamais lancée pour découvrir de nouveaux gisements d'hydrocarbures (pétrole et gaz) sur le territoire national. Ces jours-ci, le Canadien Vermilion a installé une plate-forme de forage au large d'Arcachon. Cette station offshore qui s'est déplacée depuis la Norvège, rappelle que l'Aquitaine est un des principaux fournisseurs de pétrole brut et de gaz. Près de 45 % de la production proviennent de sites majeurs comme Parentis-en-Born, mais aussi d'une pléthore de gisements de petite taille localisés également dans le piémont pyrénéen, y compris en Midi-Pyrénées.

La flambée du prix du baril, l'épuisement attendu de Lacq qui fournit à lui seul 70 % de la production nationale de gaz, inclinent les compagnies à pousser leurs investigations, y compris sur d'anciennes concessions abandonnées à l'époque en raison de leur faible rentabilité ou des difficultés d'extraction. Saint-Marcet ou Poupiary en sont deux exemples en Haute-Garonne. Les progrès réalisés dans les méthodes d'exploration ont donné un second souffle à la recherche en France. L'intérêt est en somme stratégique puisqu'il s'agit d'améliorer notre sécurité d'approvisionnement. Si les compagnies pétrolières privilégient toujours les zones marines, elles veulent aussi s'ancrer à l'intérieur des terres. La croissance des besoins mondiaux oblige à se tourner vers des sites peut-être moins rentables, mais de nature à accroître les réserves. Le nombre de demandes de permis de recherche, françaises et étrangères, prouve que la France reste bien une zone de prospection.

échographie du sol

En trente ans, les techniques de forage ont tellement évolué qu'elles justifient un réexamen de sites. « Auparavant, toutes les études sismiques étaient élaborées en 2D. Aujourd'hui, grâce aux logiciels 3D, on obtient des résultats plus poussés encore. C'est ainsi qu'à Pécorade (40), on a mis au jour d'autres gisements situés au nord-est de la poche initiale. Et cette découverte est prometteuse », indiquait, hier, Didier Le Meur, ingénieur à la Direction de la recherche et de l'industrie d'Aquitaine qui gère également la région Midi-Pyrénées.

En 2006, on a enregistré quinze nouvelles demandes de permis d'exploration, dont six concernent la partie sud de l'Aquitaine, notamment le bassin d'Adour-Arzacq où se trouvent les gisements de Lacq et Meillon.

Dans le même temps, la superficie des permis d'exploration a augmenté de plus de 30 % pour atteindre au total 13 000 km2. Les pétroliers sont avant tout des petites compagnies étrangères, mais voilà que le géant Total s'y met aussi après être longtemps resté absent de l'exploration minière sur le sol français. C'est bien la preuve qu'un filon pétrolier existe dans le Grand Sud.

 

Et s'il y avait du pétrole à Franquevielle (31) ?

La France compte actuellement 458 puits de pétrole et 70 puits de gaz répartis sur 71 gisements en cours d'exploitation. La Haute-Garonne abritera peut-être un de ces puits depuis que le Canadien EnCana a obtenu, en 2006, une autorisation exclusive de recherche de gaz sur un secteur de 3 500 km2 à cheval sur les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l'Ariège et l'Aude. Ce feu vert exclusif baptisé « Permis de Foix » avait été obtenu de haute lutte face au concurrent Vermilion, lui aussi canadien. La société Encana a donc foré le sol et toutes ses recherches ne se sont pas révélées infructueuses. Si le site de Mérigon, en Ariège, s'est révélé inintéressant, il n'en est pas de même de Franquevielle, en Haute-Garonne, où d'autres forages vont être engagés pour déterminer la valeur de ce site « plutôt prometteur » selon la Drire. Des tests de fragmentation de la roche vont être effectués pour faire communiquer entre elles les différentes poches de gaz. Les travaux vont durer deux mois à l'issue desquels le puits sera sans doute mis en réserve.

Le géant EnCana, premier producteur canadien, s'intéresse au gaz non conventionnel, celui qui n'est pas piégé dans une poche comme à Lacq, mais qui se diffuse dans toute la roche à partir d'un réservoir beaucoup plus étendu. À l'époque, EnCana avait acheté à BP et Total des documents (diagraphies, rapports de puits) attestant une présence gazeuse sur de grandes épaisseurs.

Mais, selon Mario Savard, directeur d'EnCana France, les probabilités de trouver du gaz n'excèdent pas 12 à 15 %.

 

http://www.ladepeche.fr/article/2007/08/28/11762-Grand-Sud-Sous-nos-pieds-de-l-or-noir.html

 

 


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