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http://www.nordeclair.fr/France-Monde/Breves/2011/12/11/climat-adoption-a-durban-dune-feuille-de.shtml

 

 

 

195 pays vont s'engager dans la lutte contre le réchauffement. L'accord qui reste à négocier d'ici à 2015 risque d'être peu contraignant pour les Etats. Durban fera date pour la durée de ses travaux, les plus laborieux et les plus périlleux - quatre jours non stop -de l'histoire des conférences climat de l'ONU. C'est moins sûr pour ce qui est des résultats obtenus, en décalage assez net avec les perspectives scientifiquement établies d'un réchauffement accéléré de la planète.

 

Une réelle avancée la Chine, l'Inde, les Etats-Unis, ont donc fini par se rallier à la feuille de route défendue par l'Union européenne. Les trois principales « puissances émettrices » de gaz à effet de serre (près de la moitié du CO2 envoyé chaque année dans l'atmosphère) vont s'asseoir à la même table de négociation que les autres pays pour tenter de s'entendre en 2015 sur un accord global de réduction si l'on considère que les économies émergentes devraient enfin s'engager sur des objectifs de diminution de leur gaz à effet de serre (GES) au niveau multilatéral. Les 37 pays les plus industrialisés signataires du protocole de Kyoto de 1997 (hors les Etats-Unis qui ne l'avaient pas ratifié) ne seront donc plus les seuls à fournir des efforts et à en être comptables devant la communauté internationale. C'est ce que réclamait l'Union européenne, laquelle, dès lors, a accepté à Durban de prendre de nouveaux engagements, au-delà de ceux qui s'achèvent en 2012 (baisse de 8 % en moyenne des GES entre 2008 et 2012 par rapport à 1990).

 

L'Europe satisfait ainsi une revendication forte émise par les pays en développement au nom de la responsabilité « historique » des pays riches dans l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère. Mais cette prolongation ne pèse pas très lourd (15 % du total des émissions produites annuellement dans le monde) au regard du défi climatique. D'autant que le Canada, le Japon et la Russie n'entendent pas revenir dans le jeu. La conférence de Durban sauve à la fois le protocole de Kyoto et prépare en même temps sa succession. Le futur traité global de réduction doit en effet entrer en vigueur « à partir de 2020 ». Une formulation qui exclut toute date ferme et ne revêt pas une réalité très contraignante, contrairement à ce que voulaient les pays en voie de développement et les îles-Etats menacées de submersion. Au risque de donner l'impression de s'en désolidariser, les pays émergents comme les Etats-Unis ont tout fait pour ne pas se lier inconsidérément les mains. L'Europe a, ainsi, dû accepter l'introduction dans son projet de feuille de route d'une terminologie édulcorée pour qualifier le futur traité global. Il s'agira d'ici à 2020 de parvenir à « un protocole, un autre instrument légal ou une solution légale ayant une force légale ». L'accord intervenu hier ne s'accompagne pas d'une hausse du niveau d'ambition des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Les engagements annoncés ne permettront pas de tenir le réchauffement de la planète sous le seuil de 2 degrés Celsius d'ici à 2100. Un niveau qui semble déjà largement sous-évalué. Les scénarios actuels projettent le réchauffement dans une fourchette de 3,5 à 6 degrés. Durban se solde enfin par la mise en place du mécanisme de fonctionnement du Fonds vert. Annoncé l'an dernier à la conférence de Cancun, cet instrument doit aider financièrement les pays en développement à faire face au changement climatique. Il doit être alimenté de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Pour l'instant il reste une coquille vide. JOËL COSSARDEAUX (À DURBAN)

 

 


 
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