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Les affaires marchent bien pour Weaverton Envi­ronmental Group, une société de camionnage et de dépollution qui profite de l’essor de l’exploitation de gaz dans l’ouest de la Penn­sylvanie. Dawn Fuchs, directrice de l’entreprise, est toutefois confrontée à un problème inattendu : de plus en plus de candidats à l’embauche sont positifs aux tests de dépistage de drogue. “Cela devient de plus en plus en difficile de trouver des candidats propres”, explique-t-elle. Ces deux dernières années, près de 7 % des postulants ont été écartés pour ce motif. 

 

Dans certaines régions de Pennsylvanie, de l’Ohio et de la Virginie-Occidentale, où le boom du gaz de schiste provoque une véritable mutation industrielle, le phénomène atteint de telles proportions que les entreprises ont du mal à pourvoir tous leurs postes. Elles ont d’autant plus de difficulté que dans ce secteur le taux de rotation du personnel est particulièrement élevé, du fait de la dureté du travail. 

A l’échelle nationale et pour la plupart des employés, la fréquence des dépistages positifs a légèrement décliné ces dernières années. Mais chez les camionneurs ou les ouvriers qui travaillent sur les gazoducs – des salariés que la loi fédérale contraint à passer ces tests –, la proportion de contrôles urinaires positifs avant embauche est passée de 1,5 % en 2009 à 1,8 % en 2011, selon la société spécialisée Quest Diagnostics. 

Certains produits sont également de plus en plus présents. Des amphétamines ont été détectées dans un quart des tests positifs chez les travailleurs qui sont légalement soumis au dépistage, soit 17,4 % de plus qu’en 2009. 

Au niveau national, les con­trôles aléatoires de salariés laissent apparaître deux fois plus de consommateurs d’oxycodone [analgésique stupéfiant très puissant] que les contrôles pré-embauche. On peut en déduire qu’une fois recrutés les travailleurs consomment abusivement ces produits. Cet analgésique est également trois fois plus présent chez les travailleurs testés après un accident que chez les candidats à un poste, ce qui signifie que sa consommation peut compromettre la sécurité au travail. 

Selon les spécialistes de la santé, la dépendance aux drogues est particulièrement répandue dans les Appalaches, région où une grande partie de la population est composée d’ouvriers relativement âgés et à faibles revenus. Les employés à qui l’on a prescrit des analgésiques après un accident du travail ou qui ont subi de longues périodes d’inactivité sont également plus susceptibles de consommer de la drogue, remarque Neil Capretto, directeur médical du Gateway Rehabilitation Center, un centre de désintoxication disposant de vingt antennes en Pennsylvanie et dans l’Ohio. 

Elizabeth Carter, une consultante en recrutement qui travaille pour des sociétés pétrolières et gazières dans ces deux Etats, affirme qu’environ un candidat sur quinze est recalé après le dépistage. “Ces cinq dernières années, j’ai surtout constaté une forte hausse de la consommation de médicaments délivrés sur ordonnance”, ajoute-t-elle. 

Des responsables syndicaux qui effectuent depuis des années des contrôles avant et pendant des programmes d’apprentissage dans l’Ohio et en Virginie-Occidentale assurent toutefois n’avoir constaté aucune augmentation de la consommation de drogue.

Lien: http://www.courrierinternational.com/

 

 

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