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Déclaration de la Conférence Internationale d’Oujda pour lutter contre la Fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des Gaz de schistes
Oujda Le 08 décembre 2012

  Nous, participants et sympathisants de la Conférence Internationale d’Oujda
Rappelant que l’exploration ou l’exploitation de façon industrielle du Gaz de schiste par fracturation hydraulique est une technologie récente, qui a débuté aux Etats Unis en 2005, puis au Canada et en Europe (Allemagne, Grande-Bretagne, Pologne) et actuellement elle veut s’implanter dans les pays Maghrébins (Maroc, Algérie, Tunisie et Lybie).
Considérant que la technologie de fracturation hydraulique se fait par injection de grande quantité d’eau (15 à 35 million de litre par cycle de fracturation) sous de fortes pressions avec des sables et des produits chimiques (entre 500 à 600 produits chimiques).
  Reconnaissant que cette technologie est très polluante et certains produits chimiques utilisés (plus de trente produits) sont hautement toxiques et cancérigènes, représentent un risque imminent et réel pour l’environnement et la santé humaine et animale.
  Notant les antécédents qui ont eu lieu ces dernières années aux Etats unis et au Canada provocant la pollution des nappes phréatiques et des eaux potables et Les nombreux cas de fuite du Gaz de schiste au niveau de nombreux forages de fracturation hydraulique en activité ou après fermeture des forages.
Sachant que le méthane (CH4), le gaz carbonique et d’autres gaz associés au Gaz de schiste qui sont des gaz à effet de serre (GES), ont un impact négatif sur le réchauffement climatique.
Saluant la mobilisation de la société civile dans différentes régions du monde qui a manifesté son opposition à la fracturation hydraulique qui s’est avéré dangereuse pour l’environnement et la santé publique.
Considérant que les ressources en eau se font de plus en plus rares (stress hydrique) dans le monde et particulièrement dans les pays maghrébins. Leur protection et leur préservation constituent une condition nécessaire et primordiale à la continuité de la vie des hommes, des animaux et des végétaux.
Convaincus que l’injection de produits chimiques toxiques et cancérigènes dans la nature et dans le sous-sol relève d’un acte irresponsable, criminel et sans scrupule.
Convaincus que la transition énergétique mondiale peut se faire par l’emploi des énergies propres et durables en utilisant l’énergie solaire, éolienne, marine et magnétique…
  Notant l’avis de la communauté scientifique et celles de nombreux experts qui ont sollicité les gouvernements et les compagnies pétrolières à s’abstenir d’employer cette technologie dangereuse pour l’avenir de l’humanité.
Ayant pris connaissance des nombreuses publications scientifiques notamment le rapport « Bilan Toxicologique et Chimique de l’exploration et de l’Exploitation des huiles et du Gaz de schiste par la fracturation hydraulique » du Pr André Picot, Expert auprès de l’Union Européenne et de ses collaborateurs, édité par l’association TOXICOLOGIE-CHIMIE.


Nous déclarons :

 
  1- Notre ferme opposition à l’emploi de la technologie de fracturation hydraulique pour l’exploitation du Gaz de schiste au Maghreb et ailleurs.

 

  2- Notre soutien aux populations qui se sont mobilisées dans différents pays du monde pour protéger leurs territoires des impacts environnementaux et sanitaires de cette technologie très polluante.

 
  3- Notre respect aux Gouvernements qui ont pris en considération les craintes et les revendications des masses populaires dans leurs pays et ont déclaré des moratoires pour suspendre les permis d’exploration et d’exploitation des Gaz de schiste, utilisant la fracturation hydraulique, notamment en France, au Canada, en Bulgarie, en Australie…


  4- Notre appel aux Gouvernements et notamment les Gouvernements des pays Maghrébins (Maroc, Algérie, Tunisie et Lybie) d’opter pour le principe de précaution et d’œuvrer pour l’intérêt général des peuples en interdisant l’emploi de cette technologie de fracturation Hydraulique pour l’exploration ou l’exploitation des Gaz de schiste et d’opter pour un mixte énergétique respectueux de l’environnement et de la santé publique humaine et animale dans leurs pays.


  5- Nos revendications au près des bailleurs de fond de s’abstenir de contribuer au financement des technologies polluantes qui dégradent l’environnement et détruisent irréversiblement notre planète.


  6- Notre adhésion à l’émergence d’une conscience planétaire pour un juste équilibre entre nos besoins énergétiques pour un Développement propre et Durable et le souci de la préservation des ressources naturelles en eau, en sol et en air pour les générations futures.

Les participants de la Conférence Maghrébine d’Oujda pour lutter contre les gaz de schiste :
- Dénoncent avec vigueur les accords passés sous silence et sans consultations des masses populaires et des élus représentants différentes collectivités territoriales, entre les Gouvernements Maghrébins en Tunisie, en Algérie et au Maroc, avec différentes compagnies pétrolières pour l’exploration et l’exploitation des Gaz de schiste,
- ont noté avec regret l’absence, malgré son invitation, de Monsieur le Ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement ou de son représentant et rejettent ses déclarations à l’occasion de la tenue du Forum sur les Gaz tenu à Paris le16/11/2012, qualifiant le gaz de schiste de gaz écologique. 
- Ont noté également l’absence de Mme le Directeur Général de l’ONHYM ou de son représentant et son manque de collaboration pour la visite du forage d’exploration et d’exploitation des gaz de schiste sur le territoire Marocain. 
- Lancent un appel à la mobilisation générale des citoyens, des élus au niveau des collectivités locales, régionales, nationales et des députés au niveau des parlements pour l’information, la sensibilisation et l’action pour stopper la fracturation hydraulique au niveau du Maghreb.
- Exigent l’annulation pure et simple des autorisations ou des permis qui ont été accordées à l’insu de la volonté des peuples et dans le manque de transparence totale sans respect des Lois en vigueur exigeant des Etudes d’Impacts Environnementales (EIE) avant la réalisation de chaque projet et la prise en considération de l’avis de la population par l’Enquête Publique avec la nécessité d’informer le public par les moyens adéquats. 
- Recommandent aux Gouvernements Maghrébins de s’abstenir de délivrer des permis ou autoriser l’exploration ou l’exploitation des Gaz de schiste.

Pour les participants et les sympathisants de la Conférence d’Oujda pour la lutte contre les Gaz de schiste
Le Président de l’Espace de Solidarité et de la Coopération de l’Oriental
Coordinateur de l’Ecolo Plate Forme du Maroc du Nord
Membre de la Coordination Nationale Anti Gaz de schiste au Maroc

Signé: BENATA Mohamed

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