Les députés allemands ont voté vendredi une loi qui ferme de facto la porte à l'exploitation en Allemagne du gaz de schiste par fracturation hydraulique et met un terme à plusieurs années d'atermoiements sur l'utilisation de ce procédé très controversé.

Selon ce texte, le "fracking" dit conventionnel, déjà utilisé depuis des années pour exploiter le gaz naturel prisonnier de couches rocheuses, reste autorisé sur le principe. Il revient aux Etats régionaux de se prononcer sur chaque cas individuellement.

Le recours à la fracturation non-conventionnelle, qui repose sur l'injection d'un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l'extraction de gaz et de pétrole enfoui dans des couches de roche moins profondes, est lui interdit. Seuls quatre projets soigneusement choisis, à des fins scientifiques et non commerciales, pourront être autorisés, "pour parfaire les connaissances" sur le procédé et ses effets notamment sur la nappe phréatique.

Le sujet a été rajouté à la dernière minute à l'ordre du jour du Bundestag, chambre basse du Parlement, après que les industriels concernés, las d'attendre une redéfinition du cadre juridique, ont annoncé la semaine dernière vouloir poursuivre leurs projets de "fracking" gelés depuis cinq ans.

Le gouvernement de coalition d'Angela Merkel a donc exhumé dans l'urgence son projet de loi sur le sujet, qui date d'avril 2015 mais n'avait jamais été voté, pour cause de doutes et divisions marqués parmi les parlementaires. La nouvelle mouture du projet est plus restrictive que la version de l'an dernier.

La population allemande est très méfiante à l'égard du "fracking" et ses effets potentiellement nocifs sur l'environnement, et en particulier l'eau. Interdite en France, la technologie est très utilisée aux Etats-Unis, qui ont pu grâce à l'exploitation du gaz de schiste faire baisser de manière substantielle leur facture énergétique. Au Royaume-Uni une autorisation a été délivrée à un exploitant le mois dernier, pour la première fois depuis cinq ans, au grand dam des défenseurs de l'environnement.

Les Verts (opposition) ont accusé le gouvernement d'Angela Merkel de précipiter le vote, et de profiter "du référendum sur le Brexit et de l'Euro-2016 de football" pour faire voter un texte qu'ils trouvent encore trop permissif.

Les députés du Bundestag réexamineront en principe en 2021 si une interdiction générale de la fracturation hydraulique reste justifiée.

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