Le nouveau 1° ministre

Le nouveau 1° ministre

Le nouveau Premier ministre devra mener à bien le projet de loi de transition énergétique, voulu par le président de la République. Manuel Valls a jusqu’alors affirmé son soutien au nucléaire même s’il veut en réduire la part dans le mix électrique français. En revanche, il s’est vivement opposé au gaz de schiste.

En prenant les rênes du nouveau gouvernement, Manuel Valls récupère en cours de route la préparation de la future loi de transition énergétique. Elle doit être présentée au Parlement avant la fin de l’année. Le président de la République, François Hollande, dans son discours du 31 mars confie même spécifiquement au Premier ministre "l’exigence de la transition énergétique pour préparer la France de demain, à être moins dépendante du pétrole comme du tout nucléaire. A prendre de l’avance sur les industries vertes".

Dans les derniers mois du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, toutes les décisions énergétiques se prenaient à Matignon. Le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie dirigé par Philippe Martin étant plutôt déchargé de ses responsabilités. Si la situation perdure, les opinions et convictions de de Manuel Valls en matière de choix énergétiques seront donc primordiales.

Nucléaire, une filière d’avenir

En ce qui concerne le nucléaire, le nouveau Premier Ministre n’est pas un opposant de principe. Il a même soutenu son collègue du Redressement productif Arnaud Montebourg face aux écologistes alors que ce dernier parlait de l’atome comme d’une "filière d’avenir". Interrogé sur Europe 1, Manuel Valls déclarait en août 2012 : "Nous avons besoin de nucléaire, même si on réduit, dans la décennie qui vient, sa part. Nous avons besoin de renouveler nos centrales nucléaires, ses différentes filières (...) Evidemment, le nucléaire est une filière d’avenir."

Dans une tribune au Monde de 2011, Manuel Valls souhaitait une réduction à 50 % du nucléaire dans le mix énergétique français dès 2022, soit trois ans plus tôt que la promesse présidentielle. Il est favorable à la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) en priorité. Pour ce qui est de la durée de vie des réacteurs, il affiche une position inédite avec un maximum à 35 ans. Un objectif, cependant, irréaliste puisque 14 des 58 réacteurs français atteindront 35 ans dès 2015 et 37 dépasseront cet âge dès 2020. La question va être surtout de prolonger ou non les réacteurs au-delà de 40 ans, comme le demande EDF.

Gaz de schiste, Un problème pour ceux qui aiment la nature

Pour ce qui est du gaz de schiste honni, le nouveau Premier ministre devrait s’aligner sur la ferme opposition du président de la République. Durant la primaire socialiste, à l’occasion d’un voyage dans les Cévennes, Manuel Valls jugeait que le gaz de schiste est "un problème majeur pour tous ceux qui aiment la nature et qui vivent de l’agriculture (…). J’ai fait part de mon opposition totale à ce type d’exploitation qui mettrait à mal nos cultures et l’eau (…) et qui défigurerait nos paysages".

Dans les faits, Manuel Valls s’est toujours dit soucieux de l’indépendance énergétique de la France et de la maîtrise des coûts de l’énergie. Même si le président de la République le charge de diminuer la consommation française d’hydrocarbures, le nouveau chef du gouvernement a reçu un soutien fort, celui d’Arnaud Montebourg, actuel ministre du Redressement productif, à qui l’on promet un ministère de l’Industrie, au commerce extérieur et aux PME. La montée en puissance de ce dernier va forcément lui laisser plus de place pour faire valoir ses convictions, comme celle de laisser la France explorer son sous-sol à la recherche d’hydrocarbures non conventionnels.

Le changement sur le gaz de schiste serait-il pour maintenant ?

~~Ludovic Dupin

Valls, un Premier ministre pro-nucléaire, anti-gaz de schiste (?)
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